Le rôle de la CFVU et du Conseil académique

Comment lutter contre la précarisation ?

Comment maintenir la qualité de nos formations ?

La CFVU (Commission de la formation et de la vie universitaire) est une des deux commissions qui forment le CAc (Conseil académique). Ayant en charge la politique de formation à l’université, elle se trouve confrontée aux choix politiques que doit faire notre établissement en termes de recrutement d’enseignants, pour répondre aux enjeux que représente le nombre croissant d’étudiantes et d’étudiants et leurs besoins de qualifications pour affronter un monde du travail de plus en plus âpre et difficile.

La politique de l’université de Strasbourg menée par l’équipe présidentielle sortante est marquée, entre autres, par un recours de plus en plus important aux vacataires, CDD d’enseignement, et peut-être bientôt CDI de mission (scientifique ou pédagogique) qui précarise l’enseignement. D’après les données du ministère de l’enseignement supérieur, seulement 67% des enseignants strasbourgeois sont des titulaires ! Les vacataires deviennent une main-d’œuvre exploitée car sous payée et facilement « remerciable ». Nous ne pouvons accepter que l’Université fonctionne en s’appuyant sur ce système d’exploitation. Nous avons localement, via le CAc et la CFVU, le pouvoir d’éviter cette précarisation salariale que risquerait en outre d’entériner une application aveugle de la LPR.

Par ailleurs, pour asseoir une politique de formation mettant en adéquation l’offre de formation proposée et les moyens humains et financiers de notre université, il est nécessaire d’avoir une vision claire et pragmatique du potentiel d’encadrement. Cette option nécessite une politique d’emploi qui soit juste et pérenne à l’échelle d’un contrat quadriennal et qui torde le cou aux monologues de gestion institués à Strasbourg avec pour effet d’empêcher, à l’échelle de l’établissement, toute visibilité des conseils sur le recrutement des enseignants et personnels administratifs.

L’austérité des politiques de recrutement dans laquelle l’université de Strasbourg est maintenue depuis une décennie n’a pas lieu d’être, alors que dérive le nombre de vacations  et d’heures complémentaires financées, qui représentent actuellement 32% du volume d’enseignement. Avec l’augmentation du nombre d’étudiants, le gel et l’absence de création de postes rendent impossible l’exercice de nos métiers et dégradent le service dû à nos usagers, les étudiants. Les personnels en souffrent et le nombre de situations dites de RPS (risque psycho-social) dans les services et composantes ne cesse de croître. Et pourtant cette augmentation des situations de mal-être au travail, comme de burn-out, reste une réalité méconnue.

Une mise à plat de la politique RH (pour « ressources humaines ») de notre établissement devient urgente. Une analyse fine du nombre, du type et de la nature des postes des personnels enseignants et administratifs est nécessaire pour asseoir une politique de recrutement saine ayant pour but de soutenir une offre de formation ambitieuse et répondant aux enjeux de la collectivité et de sa jeunesse.

C’est au Conseil académique et à la CFVU que doivent être débattues toutes ces options et que doit être définie la politique de recrutement comme la politique de formation de l’université de Strasbourg. Les candidats des listes Refonder agiront pour que ces conseils deviennent le lieu d’échange et de détermination des choix de notre établissement.

Publié le 08/02/2021

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