Refonder l’Université ?

Pour une présidence et des conseils qui nous représentent

Samedi après-midi, Michel Deneken recevait à Strasbourg le Premier ministre Jean Castex et la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal pour une rencontre organisée avec des étudiants. Aucune annonce de cet évènement n’avait été faite préalablement. Aucune information n’avait été donnée aux élus des conseils centraux (pourtant encore en fonction puisque leur mandat est prolongé, contrairement à Michel Deneken, administrateur provisoire depuis le 13 décembre). Nul ne sait comment et par qui avaient été choisis les étudiants qui débattaient avec les membres du gouvernement ni, de fait, s’ils étaient représentatifs de la diversité des opinions des usagers de l’université de Strasbourg ou au contraire s’ils n’appartenaient qu’à une tendance particulière. 

La rencontre a été brièvement retransmise pendant 3 minutes sur la chaîne de télévision France Info, avant d’être brutalement interrompue. Cela a cependant laissé le temps d’entendre, entre autres, la salutation de Michel Deneken à la ministre : « Je voudrais remercier Frédérique pour son engagement au sein du gouvernement ».

Ces quelques mots sont symboliques de l’attitude du président sortant et résument bien son positionnement par rapport aux mesures imposées par le gouvernement. En particulier, par rapport à la LPR, loi qui va profondément modifier le fonctionnement des universités mais qui a été votée en pleine période de confinement, alors qu’étaient impossibles tout débat démocratique et toute prise de position publique de la communauté académique. Jusqu’à l’adoption de la loi, Michel Deneken a restreint les prises de position des conseils centraux de l’université de Strasbourg. Il n’a organisé de réunion, spécifique à ce sujet, du Congrès rassemblant Conseil académique et Conseil d’administration, que le 8 décembre, alors que la loi était déjà votée par le Parlement. Là encore, il a refusé, selon ses propres mots, de « faire de ce congrès une séance de rédaction ou de vote de motions ». Et surtout, Michel Deneken, durant tous les mois qui précédaient, a défendu les mesures les plus controversées de la LPR, telles que les conditions permettant de déroger à la qualification au niveau national par le CNU. 

Un président d’université est élu par ses pairs. Il n’est pas un haut-fonctionnaire représentant le gouvernement, mais un universitaire issu de sa communauté. Sa mission est de diriger mais aussi de représenter les opinions des personnels et des usagers de son établissement. Il doit y organiser le débat démocratique, à commencer dans les instances représentatives que sont les conseils centraux. Le mandat qui lui est confié n’est pas un blanc-seing l’autorisant à imposer des choix et des opinions, mais au contraire il lui donne la responsabilité de recueillir l’avis de la communauté universitaire à la tête de laquelle il est placé.

Candidats aux élections des conseils centraux sur les listes « Refonder », nous voulons que le débat et l’échange reviennent dans l’université de Strasbourg. Nous prenons l’engagement d’agir pour que les conseils retrouvent, par un fonctionnement démocratique, le rôle de représentation qui est le leur.

Publié le 26/01/2021

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