un témoignage sur « la solidarité avec les étudiants internationaux »

Un témoignage de Michel Koebel,
candidat des listes Refonder à la Commission de la recherche

Cela fait quelques années que je coordonne la Cellule de veille et d’alerte pour les étudiants internationaux en difficulté. J’y ai donné beaucoup de temps et d’énergie, et quelques fois d’argent, tant les situations des étudiants étrangers est parfois dramatique.

C’est un engagement collectif de syndicats d’abord (de personnels et d’étudiants) qui ont imaginé il y a plus de 10 ans déjà et animé cette cellule de veille. Véronique Auzet, également candidate sur nos listes, en fait partie avec moi depuis le début quasiment et en est l’une des membres les plus actives.

Si nous réussissons à tirer d’affaire des étudiants empêtrés dans des situations totalement irrégulières au regard du droit mais qui par leur volonté de réussir et de s’intégrer et par les difficultés particulières qu’ils ont rencontrées méritaient d’être soutenus, c’est aussi grâce à un soutien des instances de l’université : déjà du temps d’Alain Beretz, avec l’engagement sans faille de Claudine Wernert du cabinet de la présidence et qui faisait partie intégrante de la cellule, et depuis quelques années avec Michel Deneken, et l’engagement de Jérôme Castle au sein de la cellule, on peut dire que les présidents successifs ont toujours soutenu nos actions en direction de la Préfecture en vue d’obtenir la régularisation de certains étudiants. Tout récemment, Mathieu Schneider a mis en place un Fonds de solidarité (par le biais de la Fondation Unistra), couplé à la cellule, pour aider financièrement les cas les plus difficiles. Ces initiatives sont bien sûr toutes utiles.

Mais je voudrais réfléchir à d’autres solutions, qui ne fassent pas qu’appel à la solidarité des collègues et des dons à une fondation.

N’est-il pas de la responsabilité de l’université elle-même de se donner les moyens de répondre à la détresse de ses étudiantes et ses étudiants ? Je pense là non en termes de nationalité mais en termes de conditions d’étude, de pauvreté (les étudiants étrangers ayant une difficulté supplémentaire puisque, pour obtenir le renouvellement de leur titre de séjour, ils sont obligés de justifier de rentrées d’argent régulières ce qui les oblige en grande majorité à travailler, en plus de devoir réussir leurs années d’études dans un certain temps). Nous voyons de plus en plus d’étudiants SDF, notamment en début d’année. Ne serait-il pas possible d’envisager dans ce cas une mise à disposition gratuite provisoire de chambres d’étudiants, en réservant une partie des chambres à cette possibilité ?

Cela pose la question d’ordre plus général : doit-on faire appel aux dons pour aider les autres, même pour faire de la recherche (Téléthon…), ou doit-on considérer que cela fait partie intégrante du service public ? Je penche résolument pour la 2e solution.

Michel Koebel

Professeur à la faculté des sciences du sport

Coordinateur de la cellule de veille et d’alerte pour les étudiants internationaux

Publié le 10/02/2021

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